vivre de l’ air du temps

Une femme voilée de la tête aux pieds, les yeux à la fièvre noire soulignés, comme est la coutume chez ces gens
 Me  fit signe de la main, je m’approche avec dans le cœur un soupçon d’hésitation, un embarrassement
Tend la main, me proposa-t-elle, pour que je lise ton destin était son argument
La paume de la main est le miroir du cœur ajouta-t-elle, la bonne aventure est au tournant
 
Ils gagnent leur  vie de l’air du temps
Fils de bergers, ou fils de rien, ils prennent la montagne pour logement
Les cieux de Sannine  vibrent à l’écho d’une bande de gosses nonchalants
Qui courent après une brebis, un mouton respirant l’air pur pimenté au  lait caillé dans les jarres fermentant
Les nomades comme on les appelle, habitent l’adret de la montagne lorsque l’ubac n’est plus pour vivre suffisant
Sous des tentes rapiécées, ils passent leur temps loin des jungles de la ville tel des hermites de sang
 
Les gens du voyage,  vivent le bonheur d’une philosophie de gitans
Où le ciel et la terre s’égalisent au même rang
Au sein du groupe, ils forment une fraternité loin de la sédentarité, vivant la liberté autrement
Sans point d’attache, sans  loi pour credo, à la belle étoile se réchauffant au feu de bois d’un campement
Ils sont les rois du monde  et nous , dans des boîtes  à sardines entassés , nous vivons l’ exiguité de nos palais , nos appartements .

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